pensées métropolitaines

Bastille,
sous la terre.
Lieu d’habitude
Noeud souterrain
Passages
Un trajet, son trajet,
Rapidement, le connaître très bien
L’avoir imprimé très fort en soi
—-
Rectiligne
—-
Et puis s’arrêter,
Faire 5 mètres et revenir sur ses pas.
Se donner 15 minutes pour explorer.
Prendre un quai, prendre l’escalier, en prendre un autre, prendre un couloir tant de fois aperçu, prendre le sens interdit rien que pour voir où ça va.

Se perdre dans le connu.
Le sentiment d’être dans le tourbillon.
L’habitude rectiligne laisse place aux reliefs.

PUL 2013 : 1er jour : trombinoscope (par équipe)

Briser les lignes directrices 1

changer les règles du déplacement en brisant l’habitude
explorer les passages
pirater les flèches
transformer la route

dans l’indifférence générale
sans le moindre regard perplexe
sans un sourire d’autrui
sans un mot du monde

habiter le magasin

elle vit là ?
elle habite entre les murs quand les néons s’éteignent
pour ne pas être repérée
vu que les caméras tournent et dévisagent
elle connait les angles

Habiter le catalogue

Habiter le catalogue.
Faire comme si.
Vivre dedans.
Repenser au prologue de Fight club.
Prendre de la distance.
Ne rien acheter.
Pour un instant, se projeter dans la vie d’un autre que soi, un autre intérieur que le sien.
Rêver que l’on est heureux. Que c’est ça le bonheur. Une certaine image du bonheur.

Se dire qu’on l’a échappé belle.
Que ce n’est pas ça.
Que c’est même son antithèse.
Qu’on mourrait d’ennui à vivre la vie qui va avec cet intérieur-là.
Que le bonheur c’est être entouré des siens.
Une grosse meringue couleur fraise qui n’a besoin ni d’assiette ni de couverts ni de verre ni de carafe ni de photophore ni de table ni de chaise ni de tapis…ni ni ni.

Se le graver dans le coeur pour ne pas risquer de pourrir sur pied.

http://bit.ly/WyMhMR

sens de la visite

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dire bonjour

concentration / entrée / aller sur le point / regarder les gens / dire bonjour / regarder les gens / dire voilà / sortir

Encore une fois
regarder
des yeux se lever
plonger dedans
regarder
regarder
regarder

Encore une fois
s’émerveiller
des yeux
de comme ils sont beaux
les gens
quand on a le temps de les regarder
et puis un sourire

Encore une fois
épuisé
les cernes pesant
se frotter les yeux pour être là
et être là
tenu
par le miracle construit
par l’effort d’être simple

Encore une fois
ils sont beaux
les gens sur un plateau
la confiance
le temps qui ralenti un peu
les regards croisés
les détails, tous petits détails qui disent si fort

Aujourd’hui, quelques heures passées à travailler sur un plateau
comme ça
sans but autre que celui de s’exercer, de passer du temps ensemble à faire
six acteurs : Camille, Claire-Monique, Guillaume, Laetitia, Olivier et Olivier
Merci, c’était bon

et demain, autre chose, mercredi, encore
et jeudi et vendredi…
comme ça

Voilà

je me sens

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Je vieillis
La rage me perd
par instants, par périodes
elle s’estompe
un peu
j’oublie parfois la colère
je me sens me rider
et parfois même, cette esquisse de torpeur me plaît

et puis

je passe devant une banque

et mon regard s’arrête

et j’ai cette envie qui revient
soudain
fort
très fort
du fond
la vague
qui me fait serrer les dents
crisper les poings
fermer les yeux [ lire la suite ]

la vie est là

« vous êtes bien en contact avec le réseau mondial de la rupture et de l’affirmation. Surtout ne quittez pas. Un étranger de nationalité « Revenu minimum d’insertion » va prendre votre appel. Il vous passera une étrangère bac +4 de nationalité « Contrat Emploi Solidarité », qui vous passera à son tour un étranger non indemnisé de nationalité « Intermittent », qui lui-même vous mettra en liaison avec une étrangère de nationalité « Smic-chômage », laquelle vous connectera à la communauté en constitution de tous les étrangers de nationalité « Exploitée, discriminée et brimée dans leur corps, leur sexe, leur travail, leur subjectivité ». Vous êtes bien en contact avec le site « La machine qui vient ». Des fous, des pauvres, des malades, des enfants. Cette machine vous contient. Vous êtes cette machine. Je suis le peuple qui manque. La vie est là. Telle deux mains nues à l’instant de se toucher. Surtout ne quittez pas. Surtout ne quittez pas. »

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…la fin de je suis le peuple qui manque, de Cyber Trash Critic, le premier spectacle de la compagnie, il y a plus de dix ans.
Retrouvé à l’instant, presque par hasard, au fond d’un dossier perdu au dessus de nos bureaux.

« Par ici la sortie »

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aujourd’hui on m’a dit
« par ici la sortie »
en vrai
dans la vraie vie
« par ici la sortie »
pas un mot de plus

c’était dans une boulangerie

…par ici la sortie…

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(et ça m’a donné une idée)