Le visage de l’Afghan.
Ici, à Valparaiso.
Image perturbante.
Quelle étrange idée de repenser à cet homme en étant ici.
On l’appelle l’Afghan. Mais on ne sait pas d’où il vient.
Toujours vêtu de la même façon, il arpente les rues de Mantes du soir au matin, du Val Fourré au centre ville, du centre ville au Val fourré. Et la nuit ? Que fait-il ? Où dort-il ?
Pendant toute la création, il passait plusieurs fois par jour devant le container.
Quelque soit le temps.
Regard fuyant. Regard franc.
Parfois nous suivant même de sa présence jusqu’au lieu du déjeuner.
Une fois, au bout de quinze jours, il nous a arrêté pour demander une cigarette.
Guillaume lui a tendu le paquet pour lui donner. Il ne l’a pas voulu.
Il voulait « une » cigarette. Pas plus.
Est-ce qu’il se serait vexé ? Est-ce qu’il fume vraiment ? Juste pour parler ?
Disons juste pour parler. Et jamais plus une autre parole.
Et l’image me revient de cet homme. Ici. A Valparaiso.
Quelle trace le container a-t-il laissé dans sa marche ?
Est-ce que la trace du container absent ponctue sa marche ? Pour combien de temps ?
En passant devant, est-ce qu’il pense à nous ?
Il m’accompagne.

Un commentaire
ca vaut le coup quand tu postes !
C’est beau et pertinent.
J’en veux toujours plus !