Cher journal,
ça fait longtemps que je ne t’ai pas écrit.
C’est que nous travaillons beaucoup ces derniers temps avec les copains.
C’est pas facile de faire un spectacle dans une langue que tu ne comprends pas, tu sais.
Mais bon, je crois qu’on y arrive.
Aujourd’hui, j’ai refait la régie lumière et toute l’installation électrique, parce que la table qu’ils nous ont donné, elle sentait très mauvais, comme si elle brulait quand on la laissait allumée plus d’une demie heure.
Et puis on a fini la journée par un filage. Un beau. Un bon.
ça fait du bien de se dire que ça va le faire.
Reste encore du travail, mais je crois vraiment qu’on va y arriver avec les copains.
Et puis aussi les gens sont très gentils dans le « barrio » (c’est comme ça qu’on dit en espagnol pour le quartier).
Il y a des grand-mères qui nous donnent des fraises, pleins de gens qui nous posent plen de questions très vite, mama gride qui veut des invits et savoir ce qu’on veut manger demain et aussi un petit garçon très joli qui aime beaucoup les « munecos » (on dit comme ça pour les poupées ici). Il a des grands yeux et un grand sourire. Il a du mal à comprendre pourquoi je ne parle pas bien espagnol, mais on se parle quand même. Il me fait beaucoup penser à mon petit garçon à moi, qui est bien loin et qui me manque beaucoup.
Il y a plein de choses encore, mais je suis fatigué et je n’arrive pas à tout t’écrire, mon cher journal.
Demain ça va être une longue journée, et après demain encore pire, mais après ça devrait aller mieux.
J’espère que tu ne m’en voudras pas si je ne t’écris pas avant dimanche.
Je suis heureux, aujourd’hui encore.
